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  • Posté le 17 septembre 2019 à 12h27 - gilles k.

    En préambule, je note une nouvelle fois une publicité a minima de cette enquête publique sur la commune du Relecq-Kerhuon. Des affiches d’avis d’enquête ont bien été réparties aux points d’information habituels, mais les libellés sont beaucoup trop sommaires et sans préciser l‘ensemble des lieux concernés sur la commune. Il n’y a également aucune information sur cette enquête ni dans le bulletin communal ni dans les journaux. Dans ces conditions, comment voulez-vous que les habitants s’y intéressent, se sentent concernés et y répondent ?

    Mes remarques sur cette enquête concernent les projets relatifs au Relecq-Kerhuon, soit les n°4 à Ste-Barbe, n°12 à La Cantine et n°13 au Stéar, ainsi qu’un oubli dans la liste qui est le projet d’urbanisation d’une parcelle rue du Rody, destinée à la construction d‘une nouvelle maison de retraite.

    Projet n°4 : Ouverture à l’urbanisation d’un secteur à Ste-Barbe.
    Je suis contre par principe car je n’ai plus aucune confiance dans les projets immobiliers de la mairie.
    La commune du Relecq-Kerhuon est structurellement à forte densité. La densité de population (1800 hab./km2) y est six fois plus élevée que dans les deux communes limitrophes, Guipavas (330 hab./km2) et Plougastel-Daoulas (290 hab./km2). Malgré cela, la mairie entretient depuis plusieurs années une politique de constructions à tout va, avec de nombreux cas de maisons bâties les unes sur les autres, sans aucune vision d’ensemble et en délaissant les fondamentaux. L’exemple le plus aberrant est le projet de nouvelle maison de retraite dont la nécessité et l’urgence ne font aucun doute et qui s’enlise depuis dix ans, reléguée suite à enquête publique de Brest métropole datée de 2016 dans un site totalement inadapté, rue du Rody. A ce jour l’ouverture de chantier n’est évidemment toujours pas programmée alors qu’un terrain situé rue Cdt Charcot répondait parfaitement à cet usage et fait aujourd’hui le bonheur d’un promoteur immobilier.

    Projet n°12 : Modification de zonage à La Cantine.
    La fiche de présentation fait état, à juste titre, de la vocation à dominante loisirs/tourisme souhaitée sur cet espace. Dans ce cas, pourquoi vouloir urbaniser cette zone en y implantant un immeuble multi-étages et multi-appartements ? C’est totalement incohérent. Il faut au contraire y développer un large espace de loisirs et d’agrément pour les passants, promeneurs, cyclistes, baigneurs, surfeurs en tous genres sur un site qui fait référence pour les loisirs et les activités nautiques dans la métropole.
    Quant à l’obligation de réaliser des logements à coût abordable, c’est totalement illusoire dans ce secteur géographique, à moins que le promoteur ne propose des appartements de 10 m2 dans un immeuble bas de gamme.

    Projet n°13 : Modification de zonage au Stéar.
    Une consultation citoyenne a effectivement été réalisée en juillet 2018 sur le projet du Stéar, remportant 80 % des suffrages exprimés mais ils ne représentent au final que moins de 15 % des inscrits sur la commune. Quelle est la légitimité démocratique d’un tel résultat ?
    S’agissant de l’utilisation de la parcelle comme pôle de loisirs nautiques, je rappelle qu’il existe déjà un centre nautique au Passage, à quelques centaines de mètres du Stéar, dont l’école est loin de faire le plein tout au long de l’année. Je rappelle également qu’il existe au port du Moulin Blanc, distant de quelques kilomètres mais parfaitement desservi par les bus et accessible en toute sécurité par les voies piétonnes et cyclables, un pôle nautique ultra-performant adapté à tous âges, toutes disciplines et tous niveaux. A quoi servirait une telle redondance au Stéar à une époque où les collectivités doivent se serrer la ceinture ?
    La grève sous la parcelle n’est pas adaptée aux activités et encore moins aux initiations nautiques avec une partie haute caillouteuse susceptible de détériorer rapidement le matériel et une partie basse constituée d’une épaisse couche de vase molle à haut risque d’embourbement.
    Enfin le coût d’acquisition et de restructuration de la parcelle, annoncé à un million et demi d’euros lors de la consultation citoyenne, est prohibitif pour une aire de rangement de kayaks ou paddles. Cet argent serait beaucoup mieux employé à d’autres activités, en commençant par le financement d’un terrain viable destiné à héberger les grands anciens de la commune dans le cadre du projet de nouvelle maison de retraite.
    Pour toutes ces raisons, je suis contre l’acquisition de ce terrain par la commune et j’émets un avis très défavorable au classement de la parcelle en zone destinée à accueillir des équipements sportifs et de loisirs. En revanche, pour rester cohérent avec ce que la mairie propose sur le projet de La Cantine, je suis tout à fait favorable à un classement en zone de logements à coût abordable.

    Projet d’urbanisation d’une parcelle rue du Rody, destinée à la construction d’une nouvelle maison de retraite.
    Ce projet a été soumis à enquête publique en 2016 et entériné après délibérations en conseil de Brest métropole du 16/12/2016 avec une réserve sur l’accès à la parcelle. La solution pour y remédier, proposée par le commissaire-enquêteur dans son rapport final, était une grosse idiotie et n’a pas été retenue. Le maire a soumis au conseil municipal, en décembre 2017, une autre solution qui consiste en une prolongation de la rue du Rody, qui aujourd’hui est une impasse, jusqu’à la rue de la Gare en aménageant le chemin forestier qui longe la voie ferrée.
    Cette solution constitue une modification majeure au projet soumis à enquête publique en 2016 avec un fort impact sur la vie courante du quartier, la circulation automobile et la circulation ferroviaire. Pourquoi n’est elle par répertoriée dans la présente enquête, au même titre que les projets n°6 à 19 ? Pourquoi cette solution, qui date de bientôt deux ans, n’a-t-elle jamais été présentée aux riverains ni aux habitants du Relecq-Kerhuon ? Pourquoi le chapitre du compte-rendu du conseil municipal de décembre 2017 qui entérine cette solution est-il aussi abscons, sans jamais indiquer clairement la solution technique retenue ? Tout simplement, parce que cette solution ne tient pas la route pour les raisons suivantes, et j’en oublie peut-être :
    - Le chemin forestier qui prolonge la rue du Rody est encaissé entre le haut remblai de la voie ferrée Paris-Brest et la clôture de la station d’épuration des eaux. Il y a en particulier deux tronçons à largeur réduite, l’un au niveau d’un édifice en pierre de taille (près d’un pylône d’antenne-relais) qui prolonge la clôture et l’autre se situant au-dessus du ruisseau du bois du Costour, qui ne permettront pas de réaliser une route à deux voies suffisamment large pour laisser passer les véhicules de grandes dimensions nécessaires au fonctionnement courant du futur établissement (ambulances médicalisées qui sont de véritables petits camions, camions et camionnettes des services de repas et du linge, livraisons de médicaments et matériel médical, livraisons diverses trop souvent effectuées par d’énormes camions de livraison groupée, véhicules des artisans pour la maintenance du site, …)
    - Cette solution nécessiterait de grignoter tout ou partie du remblai de la voie ferrée avec une implication directe sur le service ferroviaire et sans doute un arrêt total des trains de quelques heures, jours voire semaines pendant la construction de murs de soutènement … Ça m’étonnerait que la SNCF ait donné son accord pour ces travaux. Il est aussi important de noter que ce remblai est couvert de vieux arbres aux racines certainement profondes et entremêlées. Commencer à l’attaquer entraînerait immédiatement une fragilisation de l’ensemble avec une implication directe sur les voies TGV situées juste au-dessus.
    - Le raccordement de ce tronçon de voie à la rue du Rody supprimerait une zone de stationnement pour une quinzaine de véhicules située actuellement en fond de rue, côté remblai de voie ferrée.
    - D’autre part cette solution nécessiterait également, afin de rester conforme au dossier soumis à l’enquête publique de 2016, d’aménager un cheminement doux sous la forme d’un trottoir ou d’une voie sécurisée suffisamment large pour les fauteuils roulants des résidents, ce qui augmenterait encore la largeur de la route envisagée.
    - Il y a fort à parier que, quand bien même cette portion à deux larges voies et un trottoir serait réalisable, le plan de circulation engendrerait un tel détour pour les professionnels et familles de la commune que de nombreux véhicules privilégieraient toujours l’entrée et la sortie par la rue Lamartine en créant un beau capharnaüm au carrefour réputé dangereux. Cette solution ne règle donc rien.
    - Quid de l’intersection de cette prolongation de voie avec la rue de la Gare qui est l’axe majeur d’accès aux quartiers Est de la ville de Brest ? Donnerait-elle encore lieu à la construction d’un énième rond-point ?
    - Et n’oublions pas l’aspect financier pour cet important chantier. Combien ça coûte et qui paye ?
    - Enfin il faut noter la construction en cours dans la rue du Rody d’une résidence de douze appartements qui entraînera un flux supplémentaire d’une grosse vingtaine de véhicules alors que les actuels riverains ont déjà du mal à y garer leurs voitures. Faire cohabiter en plus une maison de retraite dimensionnée pour cent résidents est un véritable non-sens.
    Quels que soient les avis des services compétents requis par le maire, il est évident qu’aucune solution d’accès ne peut garantir raisonnablement la sécurité et le fonctionnement correct d’une maison de retraite dans la rue du Rody, ni de tout autre lotissement d‘ailleurs.
    Si l’objectif de la mairie du Relecq-Kerhuon et du conseil d’administration du SIVU des Rives de l’Elorn, organisme de gestion de la résidence Kerlaouéna qui est l’actuelle unique maison de retraite de la commune, était pendant cette mandature municipale de tout mettre en œuvre pour ne rien faire et refiler une situation bien pourrie aux prochaines équipes après les élections municipales de 2020, le résultat va bien au-delà de toutes les attentes. Mais il est vrai que ce n’est plus le problème du maire, démissionnaire de la présidence du SIVU il y a six mois et qui ne se représentera pas aux prochaines élections municipales dans la commune.
    Je rappelle que cette nouvelle maison de retraite qui est destinée à remplacer la résidence Kerlaouéna, construite dans les années 1970 pour des personnes âgées autonomes et inadaptée à un fonctionnement en mode ehpad tant pour les résidents que pour le personnel en raison de la configuration des bâtiments et des installations (ergonomie des bâtiments et locaux inadaptée pour des personnes handicapées, studios logement sur trois niveaux avec un seul ascenseur par bâtiment, parties communes très insuffisantes, extérieurs quasi-impraticables en raison d‘une forte déclivité du terrain), joue l’Arlésienne depuis dix ans. Je rappelle également, cerise sur le gâteau, que les résidents de Kerlaouéna continuent jour après jour à se faire enfumer par un système de surtarification des tarifs d’hébergement, avec des sommes indécentes en jeu, mis en place dans le cadre de ce projet depuis plus de huit ans alors que rien n‘a toujours bougé depuis.
    Il est grand temps de trouver enfin une solution et un terrain viable susceptible d’abriter les grands anciens de la commune. Compte tenu de la folie d’urbanisation à outrance de ces dernières années, il n’y a plus guère à ma connaissance de terrain adapté sur la commune. Il faudra certainement la construire à Guipavas et sans enclencher s’il vous plaît un processus idiot et ridicule de nouvelle consultation citoyenne tel qu’envisagé par le maire il y a quelques années déjà et qui conduirait inexorablement à un résultat 20/80 du même acabit que celui réalisé il y a un an sur le projet du Stéar, avec 20 % de votants et 80 % de suffrages défavorables à un transfert de l’unique maison de retraite de la commune vers Guipavas … Et après, on fait quoi ?
    Compte tenu de l’incompétence de la mairie et du conseil d’administration du SIVU à gérer ce dossier et de l’indifférence de Brest métropole et du conseil départemental à le faire aboutir, je demande que le préfet du Finistère en soit saisi pour un déblocage réfléchi et rapide de cette situation qui ne cesse de s’enliser depuis dix ans et qui pourrait être caractérisée au fil des années qui passent de maltraitance passive envers les résidents et le personnel de Kerlaouéna.

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